L'État a annoncé une hausse des bases d'imposition locale de 2,5 %, et l'on peut dire que c'est, pour votre exercice, bienvenu. Un peu moins, sans doute, pour les contribuables de Fleury-les-Aubrais qui subissent déjà une pression fiscale très forte. Vous le rappelez dans le tableau des ratios en page 1 du budget primitif que vous nous soumettez : en moyenne 706 euros à Fleury contre 533 euros par habitant en moyenne dans les communes de la strate, soit un coefficient de mobilisation du potentiel fiscal de 180% contre 77% en moyenne toujours dans la strate.

Il se trouve que les années précédentes, vous expliquiez dans cette enceinte, et aux Fleuryssoises et Fleuryssois, afin de justifier l'augmentation des taux d'imposition, que cela correspondait à une simple correction d'une trop faible augmentation par l'état des bases d'imposition pour atteindre le niveau d'inflation. Un ajustement donc entre augmentation des taux d'imposition et augmentation des bases pour atteindre le niveau d'inflation, nous expliquant ainsi que la neutralité fiscale était ainsi atteinte. Or cette année l'augmentation des bases d'imposition dépasse largement le taux d'inflation. En toute logique, donc, vous auriez dû, pour aboutir à la non augmentation des impôts promise pendant votre campagne électorale, réduire les taux pour que nous soyons à un niveau égal d'imposition (non pas en nominal mais en euros constants).

Je m'étonne donc, sans doute en candide, que tel ne soit pas le cas....

Cependant, si l'on se penche sur les grandes lignes du budget qui nous est présenté, cet étonnement ne dure guère :

Ces +4,68 % du volume de taxes directes locales qui vont peser sur les Fleuryssois (et je ne parle pas de la fiscalité additionnelle votée par vos soins à l'AgglO) sont grandement nécessaires pour boucler votre budget

( ceci dit, les associations vont, quant à elles, devoir se débrouiller, d'une manière générale avec une baisse des subventions que nous leur serviront de l'ordre de 2%...), mais fermons pour l'instant cette parenthèse)

S'il n'y avait cette hausse providentielle, qui n'est certes pas votre fait, Monsieur le Maire, mais que vous auriez, pardonnez moi cette redite, compenser afin de tenir vos promesses, vous auriez été contraint d'augmenter les taux si toutefois vous teniez à maintenir les orientations dessinées.

Il s'agit donc ici d'accroître la contribution des habitants pour équilibrer le budget :

  • 660 000 euros d'impôts locaux (communaux) directs
  • augmentation des tarifs des services rendus à la population
  • baisse des aides aux associations, même celles venant en aide aux plus faibles dans un contexte aussi difficile

Voilà donc comment il nous est proposé de gérer la crise, non pas économique, Monsieur le Maire, mais des finances de la ville.

Et cela sans compter en outre l'endettement déjà inquiétant qui continue de croître. Car si le chiffre de 1541 euros d'encours de dette par habitant est annoncé pour 2009, il s'agit bien du chiffre au 1er janvier 2009. Alors que cela représente déjà un endettement par habitant supérieur de 50% au niveau moyen des communes de la strate, on s'achemine vers 1648 euros en fin d'année.

On peut se dire évidemment que dans ce contexte, les marges de manœuvre sont faibles, et l'exercice difficile, mais cela rend plus étonnantes encore quelques décisions que nous ne pouvons que déplorer. Je veux ici parler, par exemple de la très onéreuse acquisition du parking de Lamballe au seul bénéfice du Carrefour Market (350 000 euros, quand même, soit près de 30 fois le montant total des subventions versées à l'ensemble des associations œuvrant dans l'action sociale!)

Je reste donc inquiète :

  • pour les Fleuryssois qui, dans ce contexte difficile, voient leur contribution augmenter et les associations, susceptibles de les aider, s'affaiblir
  • pour les finances de la ville, en particulier au regard du montant de la dette qui est de plus en plus préoccupante.
Vous comprendrez donc que dans ces circonstances (qui nous donnent malheureusement raison quant au discours que Michel Breffy, et toute l'équipe, nous tenions lors de la campagne de l'an dernier, quoique vous ayez pu en dire à l'époque,)  et au vu des orientations prises, nous ne voterons pas ce budget.

Néanmoins Monsieur le Maire, peut être pourriez-vous, à défaut de me mettre d'accord avec ces orientations, faire baisser d'un cran mon inquiétude quant aux grands équilibres financiers de notre ville. Je fais référence au montant du fond de roulement dont je m'étonnais lors du débat d'orientation budgétaire qu'il ne nous soit pas communiqué, étant donné, d'une part, son caractère signifiant et d'autre part, son niveau inquiétant les années passées, d'ailleurs relevé par la Chambre des Comptes. Vous m'aviez alors dit que vous me le fourniriez, et je souhaiterais en avoir connaissance.

Intervention de Carole Canette.